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Va’a V1 – Super Aito 2018 : Steeve Teihotaata devant Taaroa Dubois et Damas Ami

La 27e édition du Super Aito s’est déroulée ce samedi 25 août entre Moorea et Tahiti. Après plus de trois heures de course entre la pointe Temae et la pointe Vénus, c’est finalement Steeve Teihotaata, alias « l’extra-terrestre », qui s’est imposé en 3H14’18 devant Taaroa Dubois en 3H14’44 et Damas Ami en 3H15’06. Chez les vétérans, c’est Roland Teahui qui gagne la course.

Après avoir remporté le Te Aito en juillet dernier, Steeve Teihotaata gagne donc le Super Aito 2018, le deuxième grand rendez-vous de la saison de V1 en Polynésie, que l’on pourrait considérer comme le championnat de Polynésie de va’a marathon. La course de 35 km, qui s’est faite en une seule étape cette année, a réuni les 80 premiers du Te Aito dont les 4 meilleurs juniors et quelques étrangers, avec en plus les 15 meilleurs vétérans 40 et 50 ans.

La centaine de rameurs est partie de la pointe Temae de Moorea vers 10H30, d’abord la quinzaine de vétérans puis les autres. Après une sortie par la passe de Vaiare, les rameurs ont pris la direction de Faa’a vers l’est, plus précisément celle du « poteau blanc » situé près du site de la Vallée Blanche à l’aéroport. Les rameurs ont dû affronter un vent de nord/est de 20 km/h. La houle, venant principalement du sud-ouest à cette période de l’année, était faible.

Au bout de 45’ de course, c’est Taaroa Dubois qui se positionne en tête sur un cap plutôt à droite côté Punaauia, suivi de Steeve Teihotaata et de Maxime Pani, un rameur « surprise » de Raiatea. Certains rameurs sont partis plus à gauche, côté Mahina, comme Joann Cronsteadt, Kyle Taraufau ou Kamehameha Temarii. D’autres sont plus au centre comme Kévin Céran-Jérusalémy, Rete Ebb, Manutea Million, les frères Ah Min, Keanu Bernadino…

Vaa Super Aito : Le moment de vérité au « poteau blanc »

Arrivés au « poteau blanc » après environ deux heures de course, c’est le moment de vérité, Taaora Dubois et Steeve Teihotaata sont toujours aux avant-postes. Steeve Teihotaata va porter plusieurs attaques mais Taaroa Dubois tient le coup et repasse même en tête au moment où Steeve se ravitaille. On retrouve en troisième place Sly Ly Sao suivi de Damas Ami, Kevin Céran-Jérusalémy, Charles Teinauri et Manutea Million.

Du côté des vétérans, quatre hommes sont à la lutte le long de la digue de Papeete, Daniel Le Prado, Roland Teahui, Chevalier Hikutini et Teva Le Calvi. Roland Teahui, pourtant vétéran 50, sort victorieux de ce combat à quatre. Les séniors reviennent sur eux, Steeve Teihotaata est suivi de très près par Damas Ami et Taaroa Dubois, spécialiste du sprint, qui semble en embuscade depuis l’arrivée au poteau blanc.

Peu avant les falaises du Tahara’a, Steeve Teihotaata va profiter avec talent des quelques vaguelettes générées à gauche par le cortège de bateaux suiveurs alors que Taaroa Dubois se place à droite. L’« extra-terrestre » prendra ainsi une quinzaine de mètres d’avance qu’il conservera jusqu’à l’arrivée. Il s’impose devant Taaroa Dubois, Damas Ami, Manutea Million et Kévin Céran-Jérusalémy. Roland Teahui arrive premier de la course des vétérans devant Chevalier Hikutini, Daniel Le Prado, Teva Le Calvic et Maurice Chung.

Le Pascuan Ika José Hidalgo, le premier étranger, est 13e, alors que le numéro un néozélandais Tupuria King s’offre une belle 15e place. Le vainqueur du Super Aito 2017, Rete Ebb, aurait quitté la course à Arue et ne figure donc pas au classement final. Un grand bravo à tous nos champions ! SB

Interviews : Steeve Teihotaata, Roland Teahui et Tupuria King

Parole à Steeve Teihotaata :

Quelle était la stratégie ?

« C’est simple, partir et essayer de tenir ! (rires) ! Non, c’était juste de ne pas reproduire la même erreur de 2012. En faisant des traversées d’île en île, on peut se tromper de cap. J’ai pu voir en arrivant au poteau blanc qu’on avait été les meilleurs en termes de cap avec Taaroa. J’ai commencé à « psychoter » en arrivant au poteau blanc, j’ai demandé au bateau devant nous si on était toujours premiers. Quand Taaroa m’a rassuré à ce niveau-là, on a pu travailler sereinement le long du récif car il n’y avait plus de cap à tenir. »

« C’était à la force des bras. Je savais que vu que c’était de la remontée, ça n’allait pas être facile pour moi de me barrer…mais je tenais vraiment à gagner aujourd’hui. Merci Seigneur de m’avoir donné cette victoire au Super Aito, surtout avec tout ce bla bla qui fait qu’apparemment quand tu gagnes quelque chose et tu l’as pas vraiment mérité…(NDLR Steeve n’avait pas participé aux championnats du monde avant sa victoire au te Aito) donc content d’avoir gagné pour eux…enfin pour être satisfait de soi d’abord et ensuite pour tout le reste. » 

Une préparation non-stop depuis le te Aito ?

« Oui, voilà. Non-stop et à fond. J’en profite pour remercier tous les copains qui me suivent, qui s’entrainent avec moi, qui me donnent des conseils. C’est tout petit mais quand tu prends chaque conseil de chaque copain, cela fait une grosse avancée, cela fait une victoire au Super Aito 2018. Merci beaucoup et merci Seigneur. »

Parole à Roland Teahui :

Quelques mots sur ta préparation ?

« Comme toutes les autres courses. Il faut compter une heure à une heure et demie par jour d’entrainement. Il faut dire que je ne lâche pas du tout le va’a, c’est ça aussi. Il n’y a pas un jour où je ne rame pas, sauf le dimanche. Du lundi au samedi, on est à l’eau. »

Quelques mots sur la traversée ?

« Cela n’a pas été évident en raison du vent de face, enfin de côté. La course a été dure à gérer. Temae-Mahina, c’est dur pour notre âge à nous les vétérans, mais on le fait quand même, on est obligés de suivre ce que Charley nous propose. On fait avec. »

Quel est ton secret, pour être même devant les master 40 ?

« Il n’y a pas de secret. Comme je le disais, du lundi au samedi on est à l’eau. Chacun a sa stratégie à l’entrainement. Pendant la course, j’ai juste suivi les vétérans 40 ans devant moi, comme Chevalier. J’ai suivi son cap. Arrivé à Faa’a, j’ai pris un cap différent, côté récif. Ils sont tous restés à gauche alors que moi je suis resté à droite. J’ai eu de la chance. »

C’est la rentrée pour Shell Va’a ?

« C’est David Tepava qui coache Shell Va’a en ce moment, depuis le début d’année. Je le félicite car cela a bien marché avec lui. Tout le monde tend l’oreille quand il parle et voilà, Shell Va’a revient. Je reste licencié à Shell Va’a et je reste toujours très proche du club. »

Parole à Tupuria King :

Tu as décidé de rester après les championnats du monde ?

« Oui, j’ai décidé de rester parce que l’année dernière j’ai fait la même chose. Rentrer en Nouvelle Zélande alors qu’il fait froid, c’est difficile de continuer à s’entrainer donc c’est mieux pour moi de rester ici m’entrainer avec les champions. Oui, c’était mon plan, de m’entrainer avec Kevin. J’en profite pour remercier Air Tahiti Nui. »

Quelques mots sur la course ?

« J’ai fait une bonne course, j’ai eu un bon feeling. Mais le truc, avec cette course, c’est que tu ne sais jamais où tu es. Tout le monde est séparé. Certains vont à gauche, d’autres à droite, d’autres au milieu. Ce n’est qu’en arrivant au poteau blanc que tu réalises où tu te trouves ! Le cap est très important. Je suis content de mon résultat, c’est la course. »

tupuria king vaa

Un des meilleurs étrangers ?

« Je ne suis pas le premier, le gars de Rapa Nui est arrivé deux places devant moi. Félicitations à lui. C’est un rameur très fort, spécialement dans les conditions difficiles. J’ai essayé d’aller le chercher mais il était le plus fort aujourd’hui. »

Un dernier mot pour ta sœur ?

« Oui, j’embrasse très fort ma sœur Hannah qui mène une plus grande bataille que la nôtre à la maison, contre le cancer. Mauruuru à tous ceux qui aident. »