Tikanui Smith de retour face au monstre

18 Novembre 2021

Après avoir failli y laisser la vie en 2019, notre ambassadeur Air Tahiti Nui Tikanui Smith était de retour à Nazaré, au Portugal, en début de semaine. Il a pu de nouveau affronter le monstre de Nazaré alors que la concurrence était rude. Tikanui Smith est un des rares surfeurs polynésiens à oser la voie de la professionnalisation dans le surf de gros avec toutes les difficultés que cela implique. Interview exclusive depuis l’Europe où il est encore actuellement.

 

Notre ambassadeur Air Tahiti Nui Tikanui Smith est un des rares surfeurs tahitiens qui ait osé la voie de la professionnalisation dans le surf de gros. Il a pu surfer à Peahi à Hawai’i, à Maverick’s en Californie, à Teahupo’o bien évidemment, à Puerto Escondido au Mexique, à Cloudbreak à Fidji, à Mullaghmore en Irlande, à Nazaré au Portugal…C’est d’ailleurs sur ce spot hors norme qu’il a failli perdre la vie en 2019, échappant de peu à la noyade.

Depuis la crise sanitaire, sa carrière était en stand-by et lors du gros swell du 13 août dernier, à Teahupo’o, il était sur place mais une blessure au genou ne lui a pas permis de prendre de vague. « D’habitude, même blessé je tente de repousser mes limites mais cette fois mon genou était trop instable, je n’ai rien pu faire. » nous a-t-il confié depuis l’Europe lors de l’interview qu’il a pu accorder à Air Tahiti Nui en exclusivité.

Si lors de son apparition sur la scène mondiale du surf de gros, Nazaré était définie comme une vague « moins creuse » que Teahupo’o ou que Peahi et qu’elle était en quelque sorte dévalorisée, depuis les choses ont changé. Les masses d’eau en mouvement sont tellement apocalyptiques que surfer à Nazaré est clairement un exploit que les surfeurs tentent au péril de leur vie. SB/ATN

Parole à Tikanui Smith :

Comment s’est déroulée la préparation de ce surf trip ?

« Je suis venu de Tahiti il y a quelques semaines à Nazaré avec Lorenzo Avvenenti pour essayer du nouveau matériel de foil pour grosses, voire tres grosses vagues. Nous étions venus pour une houle qui s’est malheureusement affaissée en chemin donc on a pu essayer le matériel dans du 3 à 4 mètres maximum, ce qui est assez petit pour Nazaré. Ensuite, j’ai eu d’autres choses à faire en europe notamment la préparation la sortie du film RESET de la Nuit de la glisse. »

« Je devais rentrer le samedi 13 novembre mais quelques jours avant, une houle a été annoncée. Le logement et le plan jetski avec un copain sur place a été calé et grâce à la réactivité d’Air Tahiti Nui, j’ai changé mon billet et je suis revenu à Nazaré avec ma copine Shelby qui était là pour me soutenir. »

Comment s’est déroulée la session ?

« Avec ce changement de plan de dernière minute, je n’ai malheureusement pas pu avoir le matos de foil qu’on devait modifier depuis notre premier essai à temps. Donc le jour J, le lundi 15 novembre, me voila parti au large avec mon pote et les planches de tow-in, les vagues faisaient entre 10 et 12 mètres et il y a avait beaucoup de monde à l’eau donc cela n’a pas été évident de batailler avec les autres. »

« On est resté trois heures dans l’eau à tourner, j’ai eu six vagues dont deux meilleures que les quatre autres....C’était top de ressentir cette peur au large car depuis la crise sanitaire tout a été au ralenti. J’ai pu retrouver mes sensations fortes sur les grosses vagues, et ce froid dans l’eau, c’était « heavy » ! »

« Ici, à Nazaré, tu pars du large tracté par un jetski et quand tu lâches la corde, il n’y a plus que toi et l’océan et cette peur de la noyade. Mais venant de Polynésie, on a le « Mana » et on respecte tout ça donc j’étais assez confiant dans ma tête, tout en restant super humble. J’ai eu mes vagues et la houle a vite baissé donc ensuite on a fait une pause et le vent s’est levé. Voilà, la journée était finie. Aujourd’hui encore, on a été checker toute la journée mais rien d’incroyable donc ça y est, je rentre sur Paris et ce week-end au Fenua, hâte de revenir au chaud ! »

Un dernier mot, un remerciement ?

« Je remercie Air Tahiti Nui pour ce voyage. C’est grâce à leur soutien que je peux vivre ma passion et représenter la Polynésie à l’extérieur. Merci à tout mes sponsors de me suivre dans cette aventure, ma famille qui croit en moi malgré les risques, ma chérie et tous mes amis et ceux qui me soutiennent. Mauruuru roa, c’est pour la Polynésie que je fais ça aussi. »

© Crédits photos Miguel Chaby (up) et Octavio Passos.