Michel Bourez n’a pas dit son dernier mot

01 Septembre 2021

Pour la première fois en 13 saisons, Michel Bourez n’est pas dans le Top 20 qui lui permet d’être qualifié pour la saison suivante du championnat du monde de la World Surf League, la liste des qualifiés d’office vient d’être diffusée. Mais sa qualification reste possible. Alors que Jérémy Florès a annoncé sa retraite, Michel Bourez n’a pas dit son dernier mot et voudrait continuer dans le but de se qualifier pour les Jeux Olympiques 2024 dont l’épreuve de surf se déroulera à Teahupo’o. Interview exclusive avec celui qui a inauguré notre programme ambassadeurs.

 

13 saisons au plus haut niveau. 13 années que Michel Bourez, 35 ans, a passées à parcourir le monde confronté aux meilleurs surfeurs de la planète dans le championnat du monde de la World Surf League, la ligue professionnelle. Il aura fallu une année 2021 marquée par une crise sanitaire pour venir interrompre une série de 12 qualifications successives grâce à un classement dans le top 22 (top 20 selon le nouveau règlement WSL).

Alors que Jérémy Florès a annoncé sa retraite il y a trois semaines, Michel Bourez ne veut pas jeter l’éponge après cette saison 2021 en demi-teinte. Comme Jérémy, Michel Bourez n’a plus rien à prouver : il a d’ores et déjà marqué l’histoire du surf mondial et il a obtenu en 2021 une cinquième place aux Jeux Olympiques de Tokyo où le surf était représenté pour la première fois.

Mais le Spartan vise une participation aux Jeux Olympiques de 2024 dont l’épreuve de surf est prévue à Teahupo’o, là où la compétition ne lui a jamais souri. Il tentera donc de se qualifier pour le World Tour 2022 en demandant une « injury card » - il a été forfait sur un évent 2021 pour blessure - ou en passant par les « Challenger Series », quatre compétitions qualificatives prévues entre fin septembre et début décembre : Huntington (20-26 sept), Ericeira (2-10 oct), Hossegor (16-24 oct) et Haleiwa (26 nov-7 dec). Pour se qualifier, il devra terminer dans le top 12 du classement des Challenger Series. SB/ATN

 

Parole à Michel Bourez, ambassadeur historique de la compagnie :

Quel est le bilan de cette 13ème année sur le World Tour professionnel ?

« Un bilan très négatif, j’ai fini 28ème, beaucoup d’évènements ont été annulés au cours de l’année, une année très difficile, je me suis blessé donc j’ai raté une compétition. Du coup c’est compliqué, j’ai demandé l’injury wild card, j’attends la réponse, en fonction de ça, je verrai où aller. »

C’est la première fois en 13 saisons que tu ne te requalifies pas en étant dans le Top 20 ou 22, cela te fait quel effet ?

« Cela fait bizarre mais en même temps c’était un peu prévisible parce que les conditions que l’on a eues toute l’année ont été assez médiocres, sur des beach breaks qu’on avait pas l’habitude de surfer. En plus j’ai dû faire venir ma famille, en raison du Covid on a été en quarantaine deux semaines dans un appartement, cela a été un peu compliqué en Australie, de devoir voyager avec tout le monde, de devoir donner les cours aux enfants, pas évident de se focaliser sur ce que j’avais à faire. Et voilà quel a été le résultat. »

5ème aux JO, cela reste un super résultat ?

« Oui, cela a été un peu le bonus de l’année. Pour moi, c’était la compétition qu’il fallait réussir à tout prix, c’est dommage que je n’aie pas réussi à aller plus loin, je suis sorti en quart face à Gabriel Medina qui est le champion du monde en titre, le gars le plus en forme. Ce n’est pas si mal mais j’aurais voulu faire mieux. »

Quel est ton programme pour tenter de te qualifier pour le World Tour 2022 ?

« Pour les injury wild card, on est trois pour deux places. Il y a une place qui va à Kolohe Andino et l’autre ce sera entre Adrian Buchan et moi. Il y aura même peut-être quelqu’un d’autre mais je n’en suis pas certain. On est deux à avoir raté un événement suite à une blessure. On attend pour voir ce qu’il se passe. Si cela ne passe pas, je partirai faire les Challenger Series. En fonction de ça, je verrai. »

Jérémy qui arrête, tu n’es pas tenté de l’imiter ?

« Cela faisait un moment que Jérémy me parlait de sa retraite, il a décidé de faire ça cette année et je pense qu’il a bien fait, il n’a plus rien à prouver sur le Tour. En plus il a réussi à se requalifier, il a été tout gagnant, sans oublier qu’il a commencé deux ans avant moi. S’il n’y avait pas eu les JO de 2024 à Teahupo’o, j’aurais arrêté cette année aussi. Mais j’ai été déçu de mon année, par rapport aux vagues qu’on a eues, je n’ai pas réussi à m’exprimer à 100%, il y a eu ma blessure au cou…Je m’attendais à faire un très bon résultat ici à Teahupo’o mais malheureusement cela a été annulé, c’est comme ça, c’est la vie. »

Tu es conscient d’avoir marqué l’histoire du surf polynésien ?

« Je ne fais pas forcément attention à tout ça. Quand je regarde en général ma carrière, elle a été pas mal. Plusieurs fois dans le Top 10, une fois dans le top 5, trois épreuves du WCT gagnées et beaucoup de Prime Events…c’est une bonne carrière de manière générale, mais c’est sûr qu’on en veut toujours plus, les JO c’est ce dont on parle de plus en plus. Le truc c’est qu’on ne sait pas exactement encore comment se qualifier, s’ils font comme ils ont fait cette année à travers le classement WSL, et bien il faudra passer par là. »

Quelques mots sur le programme « Ambassadeurs » dont tu as été un des premiers à bénéficier ?

« J’ai été le premier du programme Ambassadeurs, avec Gary Zebrowski. Je trouve que c’est vraiment une bonne chose pour beaucoup de jeunes de chez nous qui ont l’espoir de réussir dans leur sport, dans leur discipline. Ce qui pèse le plus dans le budget, ce sont les voyages donc ATN nous offre ce moyen de pouvoir nous exporter, de pouvoir réussir à l’étranger, de suivre notre rêve. Franchement, c’est grâce à eux que j’ai pu arriver jusque-là. Je ne les remercierai jamais assez. A ma connaissance, je n’ai vu aucune autre compagnie faire ce qu’ATN fait avec ce programme Ambassadeurs. »

Crédit photo © Symon Bounce (vague) © Vaimiti Bourez (portrait)