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Huile de coco en Polynésie : origines et processus de fabrication

C'est aux Tuamotu, dans l'atoll de Niau, que la famille Raapoto a choisi d'ouvrir une petite usine produisant de l'huile de noix de coco vierge et biologique. Nous avons rencontré  Jean-Marius et Ahutiare Raapoto, qui nous ont parlé de leur île, de leur entreprise et des processus de fabrication de l'huile de coco bio qu'ils produisent.

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Un processus rigoureux pour une huile de coco bio

Une quarantaine d’hectares de cocoteraie, entretenus selon le cahier des charges de l’agriculture biologique, sont triplement certifiés (Europe, USA, région Pacifique) par l’organisme international de contrôle Bioagricert. Le débourrage des noix de coco se fait directement dans la cocoteraie où est installée l’huilerie. Cette première étape évite déjà les inconvénients d’un transport lointain, coûteux en « bilan carbone ». Une fois celles-ci cassées, la pulpe en est extraite et râpée de façon mécanique puis pressée, toujours à froid, afin d’extraire le lait de coco. Vient ensuite une phase délicate qui fait appel à des machines spécialisées et qui s’appuie sur une technologie avancée, développée par l'industrie médicale selon un procédé de double centrifugation à froid. Cette étape s’effectue dans une salle appropriée, selon des conditions sanitaires irréprochables.

Jean-Marius et Ahutiare Raapoto : « Ce pays, j’y crois »

C’est un pari osé, et en passe d’être réussi, qu’ont tenté Jean-Marius Raapoto et son épouse, Ahutiare, fille de Francis Sanford (l’une des grandes figures du monde politique local, ancien maire de la ville de Faa’a et ancien vice-président du Conseil de gouvernement polynésien, dans les années 1960/1970). Lui-même ancien ministre de l’Éducation de Polynésie française et docteur en sciences du langage (langues polynésiennes), Jean-Marius Raapoto a notamment impulsé la pratique du ’ōrero (art déclamatoire traditionnel) dans les écoles. Arrivé à la retraite, il a voulu concrétiser avec son épouse son engagement de toute une vie en faveur d’un développement endogène de l’économie polynésienne, selon le slogan du parti politique, Tireo, qu’il avait créé : « Ce pays, j’y crois ».

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« Que mon île, Niau, soit verdoyante et fertile »

Niau, qui est l’un des rares atolls surélevés de Polynésie française, possède plusieurs grottes. L’île est pourvue d’un lagon entièrement fermé depuis la dernière période interglaciaire ; un écosystème unique, avec ses eaux saumâtres dont la couleur est le plus souvent vert-jaune. Cette particularité en fait un site de choix de la « Réserve de biosphère* » dont elle fait partie, au sein de la commune de Fakarava qui comprend sept atolls. L’économie de cette petite île – d’environ 30 km2 pour à peine 250 habitants – repose en grande partie, comme toutes les îles des Tuamotu, sur la coprahculture. Mais la production aujourd’hui d’une huile vierge de coco, certifiée selon le cahier des charges de l’agriculture biologique, est la « première pierre » d’une démarche qui contribue à faire de la commune associée de Niau, en accord avec son maire, une île « bio » dans son intégralité.

À cette fin, les époux Raapoto ont déjà apporté plus de mille plants d’arbres fruitiers – dont des figuiers, particulièrement adaptés au sol calcaire de l’île – et la production de miel de l’île pourra elle aussi bénéficier d’une garantie valorisante. Du charbon de bois « bio », issu de la coque des noix, est aussi en cours de fabrication. Autant de filières professionnelles que les époux Raapoto souhaitent voir se déployer au profit des habitants de cette île restée un peu à l’écart du développement économique de la Polynésie française.

 

*Le classement en « Réserve de biosphère » est une reconnaissance par l'Unesco de régions modèles conciliant la conservation de la biodiversité et le développement durable. Il contribue notamment, à Niau, à la protection d’oiseaux endémiques dont le kote’ute’u (Todiramphus gambieri) – un martin-pêcheur – ou d’un palmier lui aussi endémique de l’atoll, koko Niau (Pritchardia periculum).

Rédaction : Claude Jacques Bourgeat
Photos : Philippe Bacchet